2001

Meeting


Intervention d'Arlette Laguiller
au meeting du dimanche 9 d├ęcembre 2001 à Metz
Travailleuses, travailleurs, camarades et amis,
     Tous les candidats à l'élection présidentielle de l'année prochaine sont désormais en campagne électorale, surtout les deux qui ne sont pas encore déclarés et qui se lancent des petites phrases qui se veulent assassines. Et leurs partis respectifs mènent campagne pour eux.
     Qui, de Chirac et Jospin, sortira vainqueur au deuxième tour, a évidemment de l'importance pour leurs partis, pour leurs camps politiques et pour leurs clientèles respectives. Mais quelle importance cela pourrait-il avoir du point de vue des travailleurs et de leurs intérêts ?
     Ces deux hommes sont déjà au pouvoir, les travailleurs ont pu les juger.
     L'homme de droite, Chirac, s'est fait élire à la présidence de la République en dénonçant la "fracture sociale" mais en l'oubliant aussitôt qu'il a été élu. La droite, dont il a été et dont il reste le chef de file, n'a certainement pas pour raison d'être de combattre la fracture sociale mais, au contraire, de servir ouvertement, clairement, drapeau déployé, les intérêts du grand patronat, des riches, des possédants, de la bourgeoisie.
     Pendant les quelque deux ans où Chirac a disposé d'un gouvernement de la même couleur politique que lui, les mesures anti-ouvrières se sont succédé. Et c'est parce que son Premier ministre, Juppé, a voulu prendre la mesure anti-ouvrière de trop en s'attaquant à la retraite des travailleurs du service public que la droite gouvernementale a récolté les résultats ce qu'elle avait semé. Il y a eu la grande grève des cheminots de 1995. Et, aux législatives de 1997, la droite dut céder la place à la gauche dite plurielle, c'est-à-dire essentiellement au Parti socialiste.
     Au gouvernement Juppé a succédé le gouvernement Jospin. Mais, pour les travailleurs, il n'y a pas eu de changement. Les licenciements ont continué dans les grandes entreprises et le chômage n'a jamais cessé d'être à un niveau catastrophique. Et le gouvernement de gauche a continué à arroser le patronat de subventions, de dégrèvements d'impôt, d'avantages de toutes sortes, alors même qu'une partie croissante de la classe ouvrière s'enfonce dans la gêne, si ce n'est dans la pauvreté, à cause du chômage bien sûr, mais aussi à cause de la généralisation des bas salaires.
     "Nous avons bien travaillé" a affirmé Jospin dans son intervention d'autosatisfaction télévisée de mercredi soir, pour ajouter, en souriant "Les chefs d'entreprise n'ont pas trop à se plaindre de ce gouvernement de gauche". C'est certain, les patrons n'ont pas à se plaindre, même si cela n'en fait pas des amis du gouvernement.
     L'équipage constitué par un homme de droite, Chirac, à la présidence de la République, et un homme de gauche, Jospin, à la tête du gouvernement aura d'autant mieux fonctionné pendant cinq ans que les deux hommes ont fondamentalement la même politique. Les quelques conflits qu'ils ont pu avoir étaient des conflits de prééminence, mais ne concernaient en rien les intérêts des travailleurs.
     Le premier tour des élections, avec la participation de plusieurs candidats, a au moins l'avantage de permettre une expression plus large des différents courants qui existent dans l'opinion publique.
     A droite, il y aura Bayrou et Madelin. Bayrou, en particulier, s'agite beaucoup ces temps-ci. Il a essayé d'abord de faire semblant d'être proche du peuple en parcourant la campagne à bord d'un bus et en lançant de temps à autre une phrase qui pouvait laisser supposer qu'il critiquait Jospin sur sa gauche. Ce n'était pas bien difficile ! Mais cela n'a pas plu à sa clientèle électorale qui est bien de droite. Aujourd'hui, c'est un Bayrou relooké qui apparaît sur ses affiches de campagne, en proclamant "Bayrou, la relève". En un certain sens, l'affiche reflète sa préoccupation réelle qui est aussi celle de Madelin : être effectivement la relève de Chirac. Si ce n'est à l'élection présidentielle de 2002, au moins à la suivante en 2007. Mais en attendant, Bayrou et Madelin rejoindront au deuxième tour Chirac.
     Le choc des ambitions de ces gens-là ne concerne en rien les travailleurs car, sur le plan social, ils sont, tous sans exception, ouvertement dans le camp de la bourgeoisie.
     A côté de ces gens de droite rigoureusement interchangeables, il y a toujours le démagogue d'extrême droite Le Pen. Il incarne toujours la même politique xénophobe, réactionnaire et violemment hostile à la classe ouvrière. Sa montée dans les sondages se nourrit de l'incapacité des autres à résoudre le problème du chômage et de toutes les conséquences qui en découlent, directement ou indirectement, comme l'insécurité dans les quartiers populaires. Et, plus la droite et la gauche font de la surenchère sur les thèmes sécuritaires, plus Le Pen en profite !
     A gauche, outre le Parti socialiste, les quatre autres composantes de la gauche plurielle présentent, chacune, leur propre candidat. Du Parti communiste aux Verts, en passant par les Radicaux de gauche et le MDC chevènementiste, chacun essaie de se singulariser un peu en prenant ses distances à l'égard de tel ou tel aspect de la politique du gouvernement. Il est vrai que cette politique est pour l'essentiel celle de Jospin et du Parti socialiste. Mais tous les autres l'auront cautionnée pendant les cinq ans qui se seront écoulés.
     A commencer par le Parti communiste. Son candidat, Robert Hue, a déclaré qu'il sera dans cette élection présidentielle le "candidat anti-Médef". Mais, en dehors de la campagne électorale, que valent les formules du candidat du Parti communiste si ses ministres continuent à cautionner un gouvernement qui applique une politique favorable aux intérêts du grand patronat ?
     A l'approche du vote du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, le Parti communiste a annoncé qu'il n'était pas d'accord avec la politique du gouvernement, et qu'on allait voir ce qu'on allait voir. Eh bien, on a vu, en effet ! Après quelques mouvements de menton, lors du vote final, les députés du Parti communiste n'ont pas voté contre, à quelques exceptions près, et se sont contentés de s'abstenir. A ce qu'en rapporte la presse, Jospin a convoqué Marie-George Buffet pour lui faire le chantage de la démission, au cas où un vote négatif du PC empêcherait le texte gouvernemental de passer. Et le PC n'a pas osé de dire "chiche" pour faire reculer Jospin. Une fois de plus, c'est lui qui a obtempéré. Et le PC a remis ça le lendemain, en permettant par son abstention au gouvernement de faire passer le collectif budgétaire, malgré deux mesures qu'il avait pourtant dénoncé comme "inacceptables" car elles annoncent la privatisation de Gaz de France et celle des arsenaux.
     Tout en radicalisant son langage à l'approche de l'élection, Robert Hue insiste sur le réalisme qui consiste à rester au gouvernement pour peser sur sa politique du dedans. Mais finalement, en quatre ans et demi, le Parti communiste n'a fait reculer le gouvernement sur aucune question importante pour le monde du travail. Mais, en revanche, sa participation sans faille cautionne Jospin et surtout sa politique anti-ouvrière.
     Quant à Mamère, candidat des Verts, il ne prétend même pas défendre en quoi que ce soit les intérêts du monde du travail. La classe ouvrière, ce n'est vraiment pas la préoccupation du parti des Verts, si tant est qu'ils ne croient pas que les chaînes des usines d'automobiles ne sont peuplées que de robots luisant de propreté, dans une ambiance musicale !
     Ces Verts-là revendiquent, par exemple, sans état d'âme, que le prix de l'essence soit augmenté de façon qu'une partie des automobilistes soient contraints d'abandonner leurs véhicules. Ceux qui seraient alors interdits de voiture et obligés de s'entasser dans des transports publics insuffisants et mal adaptés sont ceux qui ont les revenus les plus modestes, en premier lieu les travailleurs. Mais cette discrimination par l'argent ne gêne pas les Verts.
     Pendant leurs quatre ans de gouvernement, les ministres Verts ont dû bien souvent cautionner des mesures sur la chasse, le nucléaire, les tunnels qui tuent, et aujourd'hui, le troisième aéroport dans la région parisienne, qui ont dû hérisser l'électorat de la base écologiste. Cela ne fait rien. Les Verts en redemandent car ils veulent avoir des ministres, des députés, des maires. Pour cela, ils ont besoin du soutien du PS, alors ils veulent bien jouer, au premier tour, le rôle de rabatteur pour Jospin au second.
     Enfin, il y a Chevènement. Même s'il a battu le record des démissions il a été un des piliers des gouvernements socialistes successifs et a participé à tous les mauvais coups contre les travailleurs. Il se dit de gauche, mais il louche en même temps vers la droite. Pour essayer de plaire des deux côtés, il voltige entre la démagogie populiste et la démagogie nationaliste, entre l'invocation de la République et la fermeté sécuritaire. Çà a l'air de marcher : plusieurs députés européens amis de Pasqua ont succombé à son charme souverainiste et annoncent qu'ils voteront pour lui. L'un des derniers à se déclarer pour Chevènement est Poujade, vous savez, celui qui avait été au milieu des années cinquante à l'origine du poujadisme, qui se voulait le représentant des petits commerçants et dont on ne peut vraiment pas dire qu'il était de gauche !
     En fait, les résultats électoraux de ces gens ne concernent pas réellement les travailleurs. Ramasser au premier tour les voix que Jospin n'aurait pas obtenues pour les lui offrir au second sera leur rôle à tous dans la présidentielle.
     Aucun de ces candidats des grands partis ne défendra les intérêts de la classe ouvrière dans l'élection présidentielle à venir.
     Alors oui, pour ma part, je me présente à cette élection présidentielle pour défendre les intérêts politiques de l'ensemble du monde du travail. Et j'entends par "monde du travail" tous ceux qui n'ont que leur force de travail et leur salaire pour vivre : ouvriers, employés, techniciens, ingénieurs, personnel hospitalier, personnel enseignant, cheminots, et bien d'autres. Le monde du travail, ce sont aussi les chômeurs et ceux qui doivent survivre, de petits boulots en petits boulots et bien entendu, les anciens, les retraités à qui leur retraite ne permet bien souvent que de vivoter.
     Alors, dans cette élection présidentielle, je dirai ce que personne d'autre ne dit. Je dirai que cette société est mal faite, qu'elle est injuste, car ce sont précisément ceux qui la font fonctionner par leur travail qui sont défavorisés, alors que tout le système économique, comme le gouvernement lui-même, favorise les riches parasites qui n'apportent rien à la société, si ce n'est de la nuisance. Et, pour commencer, je dirai qu'il est inacceptable que les grandes entreprises puissent licencier, pousser des travailleurs au chômage et à la misère, ruiner des régions entières, bien souvent simplement pour augmenter la valeur de leurs actions en Bourse.
     Oui, le problème majeur du monde du travail c'est le chômage qui touche, directement ou indirectement, toutes les couches populaires. Et depuis plusieurs mois, même d'après les chiffres officiels, le chômage s'aggrave.
     Oh, même lorsqu'on nous parlait de croissance, le nombre de chômeurs n'est jamais descendu en-dessous des deux millions ! La baisse du chômage dont se vantait le gouvernement était surtout due à cette manipulation statistique qui, depuis 1995, consiste à rayer des listes de chômeurs ceux qui ont travaillé plus de 78 heures le mois précédent. On a rayé des statistiques du chômage tous les précaires, tous les intérimaires et nombre d'emplois partiels avec des salaires qui permettent à peine de vivre. La baisse des statistiques du chômage cachait en réalité la généralisation de la précarité. Cette précarité, qui fait que plus de 4 millions de personnes dans ce pays ne sont certes plus comptées comme chômeurs mais, sur l'année, gagnent moins que le SMIC.
     Qui, parmi les travailleurs, ne se souvient que, même lorsque le patronat et le gouvernement se disputaient le mérite de ce qu'ils ont appelé "la croissance économique", les grandes entreprises licenciaient quand même ? Les travailleurs ont toutes les raisons de se souvenir du cynisme de Michelin, qui annonçait le même jour une hausse de ses profits et des suppressions d'emplois ! Ou de Danone dont le patron affirmait que c'est lorsque les affaires vont bien qu'il faut licencier.
     Mais aujourd'hui, en plus, se multiplient les fermetures d'entreprises ou les plans de licenciements que l'on prétend justifier par la dégradation de la situation économique. Eh oui, l'économie capitaliste est organiquement incapable de se développer harmonieusement, incapable de fonctionner sans crises avec toutes les conséquences néfastes que ces crises impliquent pour la capacité productive de la société et pour les hommes. Vous en avez l'illustration dramatique, ici même, avec SOFRER dans un secteur qui passait pour faire partie de "la nouvelle économie". Eh bien, SOFRER est aujourd'hui en dépôt de bilan et ses 865 travailleurs, à la rue. Car la prétendue "nouvelle économie" fait partie du vieux capitalisme et subit sa concurrence et son anarchie.
Et quant aux conséquences pour les travailleurs, il n'y a aucune différence entre ces "start up" qu'on nous a présenté comme l'annonce d'une ère nouvelle et ces symboles du vieux capitalisme familial qu'étaient Moulinex ou Bata.
     Avec la fermeture de quatre usines et le licenciement de 3700 travailleurs, sans compter ceux des sous-traitants comme ici Ego Production, Moulinex est devenu, aussi, le symbole de ces entreprises qui sont liquidées sous prétexte qu'elles ne sont plus rentables.
     Mais, rentable, Moulinex l'a été pendant des dizaines d'années. Elle a produit des milliards et des milliards de profits.
     Pendant que les actionnaires empochaient leur part de profit, les travailleurs de Moulinex, eux, ne s'enrichissaient pas ! Ils ont tout juste vécu en essayant de joindre les deux bouts avec des bas salaires. Mais les propriétaires de ces entreprises, mais leurs actionnaires, combien d'argent ont-ils donc encaissé ? Que sont devenus les milliards qu'ils se sont appropriés ? Dans quelles autres entreprises ont-ils été investis pour exploiter d'autres travailleurs ? Combien de propriétés ou de châteaux, combien de bijoux, de tableaux de maître, de voitures de luxe ou d'avions privés achetés avec cet argent ?
     Et pendant que tous ces gens, enrichis par l'exploitation de leurs travailleurs, ne subissent en rien les conséquences de la disparition de Moulinex et conservent leur vie luxueuse, on a mégoté même sur la dérisoire indemnité supplémentaire de 80.000 francs que voulaient les travailleurs licenciés. Il a fallu qu'ils menacent de faire sauter leur usine pour qu'ils obtiennent, non pas ce qu'ils réclamaient, mais une indemnité hiérarchisée en fonction de l'ancienneté et, encore, pas tous.
     Comme les travailleurs de Bata doivent en ce moment menacer pour obtenir une indemnité un peu plus conséquente que la ridicule indemnité légale. Bata est pourtant le numéro un mondial de l'industrie de la chaussure. En outre, il a empoché quelques 120 millions d'aides publiques ! La moindre des choses serait que Bata rembourse cet argent indûment touché et qu'il soit ajouté aux indemnités de licenciement.
     Pour peser sur la décision du patron de l'entreprise, les travailleurs sont allés à Paris pour vider de ses chaussures un magasin Bata, au grand bonheur des passants ! Ils ont, bien sûr, raison de se battre et j'espère que leur lutte aboutira à obtenir ce qu'ils revendiquent, c'est à dire une indemnité pour préjudice de 10.000 francs par année de présence avec un minimum de 100.000 francs en plus des indemnités légales, même si les indemnités versées par les patrons ne compensent jamais la perte d'un emploi !
     Ni les travailleurs de Moulinex, ni ceux de Bata, ne peuvent pas, à eux seuls, renverser le rapport de force global et imposer que ce ne soit pas les travailleurs mais les actionnaires qui supportent toutes les conséquences des aléas de leur économie. Ce qui leur arrive concerne tous les travailleurs car bien d'autres entreprises invoquent la dégradation de la situation économique pour justifier des licenciements et des fermetures d'usines !
     Nous sommes tous menacés par les soubresauts d'une organisation économique démente. Nous sommes tous menacés par l'avidité de ces actionnaires, de ces propriétaires d'entreprises, qui trouvent tout naturel que, lorsque leurs affaires vont moins bien, leur argent reste intouchable et que ce soit aux travailleurs de perdre leurs emplois.
     Et plus le chômage s'aggrave, nous le savons bien, plus les patrons qui le provoquent s'en servent contre ceux qui conservent leur emploi, pour peser sur les salaires, pour aggraver les conditions de travail, pour dire aux travailleurs qui protestent : si vous n'êtes pas contents, il y en a d'autres qui attendent à la porte !
     Moulinex et Bata sont des symboles, mais pas des exceptions. D'Alstom à Valéo, en passant par Aventis, Alcatel, Bata ou Philips, combien de grandes entreprises licencient et ferment des usines ? Combien d'autres, moyennes et petites réduisent leurs effectifs et accroissent le contingent de chômeurs ? Combien d'intérimaires mis à la porte, sans même que cela soit considéré comme un licenciement, même dans le secteur automobile où pourtant les affaires des patrons marchent bien, comme à l'usine Renault-Sovab de Batilly ou comme il en est question chez Citroën à Tremery ?
     Quand bien même l'économie serait en récession, est-ce aux travailleurs de payer les pots cassés ? Est-ce normal, est-ce acceptable que ceux qui n'ont en rien bénéficié de l'accroissement des profits perdent leurs salaires, qui est leur unique source de revenu ?
     Non, il n'est pas normal, il n'est pas acceptable que ceux qui se sont enrichis du profit sué par les travailleurs puissent, eux, conserver leurs fortunes accumulées pendant que ceux qui les ont enrichis sont poussés au chômage !
     Depuis plus de dix ans, les profits des grandes entreprises n'ont cessé de croître. Ces profits élevés ont été obtenus en aggravant l'exploitation des travailleurs. Même les 35 heures, vantées par le gouvernement comme sa grande loi sociale, ont surtout donné aux patrons de plus larges possibilités pour accroître la flexibilité des horaires de travail et pour renforcer l'exploitation.
     Les salaires stagnent même pour ceux qui ont réussi à conserver un emploi stable. Ils permettent de moins en moins de vivre correctement. Alors, oui, les travailleurs de l'usine Scholtès de Thionville ont eu raison de piquer un coup de colère contre l'insuffisance de leurs salaires qui tournent autour de 6.000 ou 6.500 francs et de se mettre en grève illimitée. Ils doivent avoir la solidarité de tous pour leur revendication de 1.000 francs d'augmentation ! Après tout, les gendarmes viennent d'obtenir ce montant et tant mieux pour eux. Eh bien, il n'y a pas de raison que les travailleurs les plus mal payés n'aient pas droit, eux aussi, à une augmentation de 1.000 francs par mois !
     Les travailleurs de la région ont des raisons de connaître la famille de Wendel, cette vieille dynastie dont le baron Seillière, actuel président de l'organisation patronale MEDEF est le chef de fil. Les de Wandel doivent leur fortune à la sidérurgie. Combien de peine, combien de souffrances, combien d'accidents pour des générations d'ouvriers, pour que la famille de Wendel reste une des plus riches du pays et pour que ses quelque 420 membres actuels puissent bénéficier d'une vie de luxe ? Lorsque la sidérurgie commençait à devenir moins rentables, les de Wendel se sont mis à pomper l'Etat. En dix huit ans de crise de la sidérurgie, les patrons du secteur ont touché 110 milliards de l'Etat, pas loin du dixième du budget ! Le prétexte était de sauver la sidérurgie. Mais pendant que les hauts-fourneaux et les usines fermaient les uns après les autres, que des dizaines de milliers d'emplois étaient supprimés, les actionnaires de Wendel procédaient à la reconversion de leurs capitaux en les plaçant ailleurs, dans l'informatique, dans le transport aérien. Et pendant que ces capitaux allaient se fructifier ailleurs, en poussant à l'occasion d'autres travailleurs au chômage, comme ceux de la compagnie d'aviation AOM - Air Liberté, les travailleurs de la sidérurgie ou leurs descendants n'ont pas fini de payer les factures laissées par les de Wendel et autres maîtres des forges.
     Car les anciens exploitants des mines de fer ont laissé derrière eux de véritables bombes à retardement. Les affaissements de terrain ont déjà détruit une centaine d'habitations à Auboué, endommagé 180 logements à Moutiers et fissuré 120 habitations à Moyeuvre. Et les habitants des zones sinistrées qui, à juste titre, se battent pour se faire entendre, ne trouvent du côté des autorités que mépris ou indifférence. Et bien entendu, personne ne demande des comptes aux véritables responsables, aux actionnaires présents ou anciens de la sidérurgie, qui jouissent paisiblement de leur fortune résultant de la surexploitation des hommes comme du sous-sol !
     On enseigne dans les écoles que nous sommes tous égaux devant la loi. Mais la loi protège la propriété des actionnaires, pas les travailleurs. Un actionnaire a le droit absolu de protéger son capital. Un travailleur, lui, n'a aucun moyen légal de protéger son emploi.
     La loi est la loi, nous dira-t-on, le gouvernement ne peut que l'appliquer. Mais s'il avait voulu, le gouvernement aurait pu changer ces lois injustes. Il en aurait eu le temps depuis qu'il est en place et qu'il a la majorité à l'Assemblée. Mais il ne l'a pas fait, parce qu'il est au service des actionnaires, des propriétaires et des riches, et pas au service des travailleurs !
     Eh bien, oui, ce sont les actionnaires, présents ou passés, qui doivent être rendus responsables des difficultés de leurs entreprises ! Et pas seulement sur la part du capital qu'ils y ont conservée, mais sur toute leur fortune personnelle !
     Mais parlons donc du cadeau fait récemment par le gouvernement aux patrons des cliniques privées ! Il a suffi à ces patrons un mouvement de deux jours pour faire craquer le gouvernement qui leur a accordé 1,7 milliard de rallonge, venant s'ajouter au 1,4 milliard que l'Etat avait déjà promis. Et c'est dans la caisse de la Sécurité sociale que l'Etat prendra l'argent !
     Ces patrons ont eu le culot de mettre en avant le fait que les infirmières de leurs cliniques gagnent 1500 ou 2000 Francs de moins que leurs collègues des hôpitaux publics.
     Pour augmenter les infirmières et le personnel des cliniques, pourquoi ne pas prendre sur les revenus des médecins, sur les profits des actionnaires de ces cliniques, dont certaines appartiennent à des sociétés cotées en Bourse, dont une ex-filiale de Vivendi ?
     Elle est belle, leur libre entreprise, qui ne marche qu'à condition que l'Etat ou la Sécurité sociale prenne en charge une partie des salaires, sans parler de la recherche et des investissements lourds, et que les propriétaires se contentent d'encaisser les profits !
     Le gouvernement ne manifeste pas la même complaisance lorsqu'il s'agit des travailleurs ou des chômeurs. Le gouvernement mégote même pour cette malheureuse prime de Noël de 3.000 francs ou plutôt, les 500 euros que revendiquent les associations de chômeurs. C'est la même chose lorsque les handicapés ou les retraités les plus pauvres demandent un relèvement substantiel de leur pension.
     On nous répète que la Sécu a du mal à boucler ses comptes, en grande partie parce que la part patronale des cotisations se réduit sans cesse. On en prend prétexte pour rogner sur les remboursements des soins. On ferme des hôpitaux et des maternités de proximité. Pourquoi faudrait-il que l'argent public, que l'argent des travailleurs, serve à enrichir les actionnaires des cliniques privées et certains médecins spécialistes qui, après avoir été formés dans les hôpitaux publics, opèrent dans des cliniques privées ? Cet argent devrait aller aux hôpitaux publics pour augmenter leurs capacités d'accueil au lieu de les réduire, pour financer des équipements permettant la meilleure qualité de soins possible, pour embaucher du personnel en nombre suffisant et pour payer correctement les infirmières, les aides-soignantes, le personnel technique, mais aussi les internes qui sont en grève en ce moment. La santé devrait être un service public, au service de tous, et pas un moyen pour quelques-uns de s'enrichir.
     Vous l'avez sans doute remarqué : plus on s'approche des élections, plus l'insécurité occupe une place importante dans les discours des candidats.
     Ce dont je voudrais parler, c'est de la petite délinquance, de la violence gratuite, du vandalisme dont ont à souffrir surtout ceux qui vivent dans les quartiers populaires ou dans les grands ensembles.
     Au fond, l'insécurité dans les quartiers populaires, ce n'est pas vraiment le problème de ceux qui nous gouvernent ! Les uns et les autres font cependant aujourd'hui assaut d'expressions comme "tolérance zéro" et menacent de punir sévèrement les moindres écarts des jeunes, même lorsqu'il s'agit seulement d'incivilités. Le langage musclé est évidemment infiniment plus facile que de supprimer ou même de diminuer les causes profondes de la violence dans les quartiers pauvres. Car, parmi leurs causes, il y a évidemment, en premier lieu, le chômage, avec toutes ses conséquences, la misère matérielle et la misère morale. Il y a la dégradation matérielle des quartiers populaires transformés en ghettos, comme ici, à Borny, avec ses portes d'entrée défoncées, boîtes à lettres arrachées, les ascenseurs périodiquement en panne et non réparés, l'éclairage défaillant des cages d'escalier.
      Mais il n'y a pas que cela. S'y ajoute une raison essentielle, la défaillance de l'instruction publique. Oh, non pas telle que l'entend un Chevènement, qui consiste simplement à ajouter un cours d'éducation civique à des enfants ou à des adolescents qui n'en ont vraiment rien à faire ! Mais combien d'enfants, d'adolescents des quartiers populaires sont laissés à l'abandon dès les petites classes des écoles ? Aucun effort sérieux n'est fait pour intégrer les jeunes issus des milieux défavorisés. Vis-à-vis de ces jeunes, dont les parents n'ont pas pu leur enseigner une langue et une culture qu'ils n'ont pas, la société n'a pas pris le relais. Une grande partie des jeunes qui entrent en 6ème parlent mal le français, savent tout juste lire et ne comprennent pas un texte même simple. Pour intégrer ces jeunes, il aurait fallu des petits groupes auxquels les enseignants auraient pu consacrer le temps voulu, et cela depuis des années.
     On ne l'a pas fait. Ces jeunes ont pris, dès l'école primaire, un retard qu'ils ne pourront jamais plus combler. C'est fichu pour le reste de leurs études, et ils le savent. Là où ils pourraient être intégrés, ils se sentent rejetés. Comment pourraient-ils avoir le sentiment de faire partie d'une communauté ?
     Ce serait aux enseignants de dire comment modifier la scolarité, s'il faut des groupes de 10 ou de 5 élèves pour apprendre à parler, lire, écrire correctement et intégrer une culture.
     En tout cas, ce n'est pas dans les classes surchargées d'aujourd'hui dans les quartiers populaires que les enfants peuvent apprendre à se cultiver, s'intégrer et se hisser au même niveau que tous leurs camarades.
     Alors oui, cela devrait commencer par là. Mais cela demande des milliers, des dizaines de milliers d'enseignants supplémentaires. Cela demande des locaux, des moyens. Que le pays pourrait et devrait consentir mais que l'Etat ne fait pas car son budget est consacré à aider les entreprises privées ! Eh bien oui, l'argent de l'Etat devrait être exclusivement consacré aux services publics et, en particulier, à l'Education nationale !
     Etant donné l'actualité, je voudrais parler ici de ce qui se passe en Palestine.
     Oui, samedi dernier, j'ai été émue et horrifiée par les attentats suicides qui ont fait 30 morts et près de 200 blessés dans un bus bondé et dans une rue piétonnière, c'est-à-dire parmi des civils innocents. Le terrorisme aveugle n'est pas justifiable ni d'un point de vue humain, ni même politiquement, parce que cela dessert les intérêts du peuple palestinien.
     Mais je suis choquée et révoltée par la riposte israélienne, par l'utilisation d'avions de chasse, de missiles, d'hélicoptères et de chars d'assaut contre les territoires palestiniens. Le gouvernement israélien présente cette agression massive comme une réplique aux attentats terroristes, avec pour cible l'Autorité palestinienne. Ce n'est pourtant pas l'Autorité palestinienne qui est responsable des attentats suicides mais les partis intégristes, le Hamas et le Djihad islamique.
     En s'en prenant aux symboles d'un pouvoir palestinien pourtant dérisoire, Sharon administre la démonstration que le peuple palestinien n'a droit même à une caricature d'Etat que pour autant qu'Israël la tolère. C'est boucher cyniquement toute perspective politique devant un peuple opprimé et humilié. En outre, les bombes israéliennes ont, elles aussi, tué ou blessé des civils innocents, parmi lesquels des enfants. C'est du terrorisme aussi, et de la pire espèce : un terrorisme d'Etat, décidé et exécuté froidement.
     Depuis plusieurs décennies, le peuple palestinien est spolié de ses terres et subit un régime d'occupation militaire par un Etat d'Israël supérieurement armé.
     Des centaines de milliers de Palestiniens sont contraints de vivre, depuis plusieurs générations, dans des camps de réfugiés des pays voisins. Et, à ceux qui sont restés dans leur pays, on ne reconnaît, en guise d'Etat national et depuis quelques années seulement, qu'une "Autorité palestinienne" sur un territoire minuscule, morcelé, un véritable camp de concentration pour pauvres, des pauvres traités en sous-hommes dans leur propre pays.
     C'est cette situation sans espoir et sans perspective qui a conduit la jeunesse palestinienne à la révolte de l'Intifada. Pour tenter d'écraser la révolte, l'armée israélienne mène une véritable guerre contre une population palestinienne désarmée.
     Cette guerre menée au peuple palestinien a fait depuis quatorze mois plus de 1.000 morts et 30.000 blessés. Elle a transformé les territoires réservés aux Palestiniens en champs de ruines dont les habitants sont condamnés à la faim chaque fois que les points de passage sont fermés par Israël. Ariel Sharon prétend résoudre le problème palestinien dans le sang et dans la violence, par le terrorisme d'Etat. Mais il a beau réprimer et affamer, cela ne met pas fin à la guerre mais, au contraire, pousse un nombre croissant de jeunes vers la résistance et vers les actions suicides.
     Alors, comment ne pas être écoeuré par les réactions des dirigeants du monde impérialiste dont les uns soutiennent et encouragent ouvertement l'homme d'extrême-droite Sharon et dont les autres, tout en considérant la politique de Sharon inopportune, lui laissent quand même les mains entièrement libres.
     Les deux peuples auraient pu vivre ensemble fraternellement. Mais il aurait fallu une politique orientée dans ce sens. Il aurait fallu faire en sorte que l'Etat d'Israël ne soit pas un instrument de spoliation du peuple palestinien et un instrument d'oppression.
     Ce n'est pas ce qu'ont fait les dirigeants successifs d'Israël. Leur responsabilité est grande non seulement vis-à-vis du peuple palestinien mais aussi vis-à-vis de leur propre peuple qu'ils ont conduit dans une impasse. Si la situation est insupportable pour le peuple palestinien, elle est en train de le devenir aussi pour le peuple israélien. Tant que durera l'oppression, il y aura des hommes pour choisir de mourir plutôt que de vivre dans l'humiliation et l'oppression. Qui sème la violence récolte le désespoir.
     Et c'est cette violence encore que sèment les Etats-Unis, soutenus par les autres grandes puissances, en Afghanistan. Les Etats-Unis ont déversé des milliers de tonnes d'explosifs sur ce pays et sur ses habitants qui ne sont pour rien dans les crimes d'un Ben Laden et qui ne sont en rien responsables des attentats horribles du 11 septembre à New-York et à Washington.
Cette guerre qui a fait des milliers de victimes dans la population civile a certes mis fin à la dictature obscurantiste des talibans. Mais les chefs de guerre qui les ont remplacés sont tout aussi obscurantistes, tout aussi barbares, même s'ils bénéficient de la bénédiction des grandes puissances. Rien qu'une fraction des sommes énormes dépensées pour les missiles envoyés, pour les avions, suffirait à atténuer les souffrances de ce peuple. Bush a dépensé des milliards dans l'unique but de faire la démonstration surtout devant sa propre population qu'on ne touche pas impunément aux Etats-Unis. Mais, leur guerre finie, les Etats-Unis, comme les autres grandes puissances, laisseront l'Afghanistan dans la même misère, comme ils le font pour la majorité sous-développée de la planète.
     Le système impérialiste, basé sur des inégalités de classe à l'intérieur même des pays riches, signifie aussi la mise en coupe réglée de toute la planète par quelques centaines de grands trusts. Il se traduit par le maintien de centaines de millions d'êtres humains dans la misère, une misère que rien ne justifie en ce XXIe siècle, où les capacités productives de l'Humanité pourraient permettre à tout un chacun de se nourrir, de se vêtir, de se soigner, de s'éduquer, de se cultiver, c'est-à-dire tout simplement de vivre une vie digne d'un être humain.
     Pour protéger la domination de leurs trusts sur le monde, les puissances impérialistes soutiennent des régimes oppressifs, soutiennent des dictatures infâmes, pour autant qu'elles soient favorables à leurs intérêts. Ils foulent aux pieds le droit d'une multitude de peuples à l'existence nationale. Tout cela a toujours suscité des réactions et des résistances.
     Et, il faut rappeler le rôle de notre propre impérialisme, l'impérialisme français, pas moins abjecte que les Etats-Unis, mais disposant seulement de moins de moyens.
     Il faut rappeler les guerres coloniales à Madagascar, en Indochine, en Algérie, les massacres, les tortures, perpétrées aussi bien sous des gouvernements de droite que des gouvernements socialistes.
     Alors, bien sûr, lorsque les haines, les frustrations, les réactions contre l'oppression sont canalisées par des forces réactionnaires et obscurantistes, elles n'apportent aucune alternative à la société, et c'est dramatique. Mais, là encore, la responsabilité majeure en appartient à l'impérialisme. Car l'intégrisme islamiste a été à ses origines encouragé, financé, aidé, par les puissances impérialistes pour contrebalancer le mouvement ouvrier, voire pour contrer des formes de nationalisme qui les gênaient, notamment dans les pays arabes.
     Même lorsqu'ils sont en conflit, l'impérialisme et l'intégrisme s'appuient finalement mutuellement. Alors, la seule alternative pour l'Humanité, c'est la renaissance du mouvement ouvrier. L'alternative, c'est que la classe ouvrière retrouve ses traditions d'organisation et ses perspectives de transformation sociale radicale.
     Voilà pourquoi je continue à me revendiquer du communisme et à considérer qu'il représente l'avenir de la société !
     Qu'est-ce donc cette organisation économique où la simple survie quotidienne est un problème sur une grande partie de la planète, voire même dans les quartiers pauvres des riches métropoles ?
     Qu'est-ce que cette économie où les conditions d'existence et la vie même de milliards d'êtres humains dépendent des sautes d'humeur de quelques milliers d'actionnaires et de leurs spéculations boursières ?
     Qu'est-ce que c'est que cette organisation économique et sociale qui pousse en permanence des centaines de milliers d'hommes et de femmes sur le chemin de l'exil pour fuir l'oppression ou simplement la misère ? Des centaines de milliers d'êtres humains, contraints de courir le risque d'embarcations de fortune, des trafiquants d'hommes, pour essayer d'atteindre des pays où ils espèrent une vie à peu près humaine. Une vie que, bien souvent, ils ne trouvent pas parce que les grandes puissances impérialistes, responsables de cette misère et des ces oppressions, s'entourent de barbelés matériels ou juridiques. Combien de travailleurs immigrés sont-ils livrés ici, en France, à l'avidité de patrons, marchands d'esclaves, ou marchands de sommeil ? Tous ces margoulins profitent de la situation illégale de ceux que le gouvernement refuse de régulariser et maintient donc dans la situation de sans-papiers.
     Eh bien, je tiens à marquer ici ma solidarité avec les sans-papiers, les demandeurs d'asile et leurs revendications.
     Et je suis, bien sûr, pour le droit à la libre circulation de tous les réfugiés, de tous les exilés et pour leur droit de choisir le pays où ils voudraient reconstruire une existence. C'est une simple question d'humanité.
     Mais ne s'agit pas seulement de reconnaître les droits humains de ceux qui sont contraints d'émigrer. Il s'agit de mettre fin aux causes des émigrations forcées. Et le seul moyen, c'est de mettre fin à un système économique et social qui les provoque. L'avenir, c'est d'arracher le pouvoir économique et social à ces quelques centaines de groupes financiers et industriels qui dominent la planète et dont les intérêts s'opposent à ce que chaque être humain puisse avoir le droit à une existence digne de ce nom. Prolétaires de tout pays et de toutes origines, ensemble, nous y arriverons !
     Travailleuses, travailleurs, camarades et amis
     Le monde du travail subit une offensive incessante de la part du patronat, aidé en cela par le gouvernement. Mais nous avons la force d'arrêter l'offensive patronale, nous avons la force de les faire reculer.
     L'ensemble des travailleurs de ce pays, quelle que soit leur branche d'activité ; qu'ils travaillent dans le privé ou dans le public, ont les mêmes intérêts fondamentaux, économiques, sociaux et politiques.
     Il faut que le gouvernement en place, quelle que soit son étiquette politique, soit en permanence sous la surveillance et sous la pression des travailleurs.
     Ce que je souhaite, c'est que les travailleurs n'attendent rien d'autre des élections à venir que l'occasion d'affirmer qu'ils refusent la politique de la bourgeoisie, qu'elle soit présentée avec une sauce de droite ou avec une sauce de gauche. Et c'est cela que je veux leur permettre de faire en présentant ma candidature à l'élection présidentielle en 2002.
     Les élections constituent aussi une occasion de se prononcer sur des objectifs qui pourront devenir ceux des luttes de demain.
     Lors de l'élection présidentielle précédente, en 1995, nous étions les seuls à dire que, pour combattre le chômage, il faut interdire les licenciements sous peine de réquisition des entreprises qui s'en rendent coupables. Nous étions les seuls à défendre l'idée qu'il est nécessaire, indispensable, de l'intérêt des travailleurs comme de l'intérêt de toute la société, de contrôler les capitaux, de contrôler les entreprises et leur fonctionnement.
     Certaines de ces idées commencent à faire leur chemin. Je suis confiante dans les capacités de la classe ouvrière. Ce sont les patrons par leur avidité et par leur cynisme ou les dirigeants politiques à leur service, qui feront la provocation de trop, celle qui fera exploser la colère du monde du travail.
     Eh bien, quand cela arrivera, les idées propagées aujourd'hui deviendront une force. Et, alors, travailleuses, travailleurs, tous ensemble, nous imposerons des objectifs qui changeront le rapport des forces entre le monde du travail et le monde patronal !

mis à jour le 09/12/2001  

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