Julien Racamond
1885-1966
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Fils d'ouvrier agricole, Julien Racamond travailla lui-même dans des fermes de Côte d'Or avant de devenir mitron en 1903. Il se syndiqua en 1904 et fut vite élu secrétaire adjoint du syndicat des ouvriers boulangers de Dijon. Aprè son service militaire, en 1909, il s'établit à Paris où il poursuit son activité syndicale (nommé permanent en 1914). Durant la guerre, Racamond est mobilisé trente mois, deux fois blessé, décoré de la Croix de guerre. Après-guerre, Racamond se situe dans l'aile révolutionnaire et pacifiste de la C.G.T., mais en essayant d'éviter la rupture avec les réformistes. Il se rapproche cependant peu à peu des positions communistes. Il adhère formellement en 1925 et participe au Bureau politique de 1926 à 1930. Il devient alors un dirigeant de premier plan du P.C. Lors de la création de la C.G.T.U. (décembre 1921), Racamond en devient un des principaux dirigeants. Il est notamment le responsable de l'organisation de la main d'œuvre étrangère. Durant ces années, il s'opposa souvent au bureaucratisme gauchiste sévissant au sein du P.C.F. En octobre 1929, il est emprisonné pour neuf mois en raison de son activité. À partir de février 1934, Racamond eût un rôle central dans la marche à la réunification syndicale de mars 1936. Avec Frachon, il entre au bureau confédéral. L'orientation très "réformiste" du PC lui convient parfaitement, et il est alors très proche de Jouhaux. En 1939, Racamond est opposé au pacte germano-sovié mais le garde pour lui. Son soutien public à la politique du Kremlin aboutit à son exclusion de la direction confédérale. En octobre, il est arrêtè et emprisonné dans des conditions très dures. En juillet 1942, Racamond est libéré dans des conditions à éclaircir. Il plonge alors dans la clandestinité. Quelques mois plus tard, il participe à la discussion des accords du Perreux menant à la reconstitution de la C.G.T. unitaire, mais son rôle est moindre. À la Libération, Racamond joue encore un rôle important au sein de la C.G.T., tendant à à modérer le sectarisme stalinien sans s'y opposer franchement. Mais il quitte la direction confédérale dès 1953. Il n'eût désormais qu'une activité de second plan jusqu'à son décès, en 1966. |