<!DOCTYPE html PUBLIC "-//W3C//DTD XHTML 1.0 Strict//EN" "http://www.w3.org/TR/xhtml1/DTD/xhtml1-strict.dtd"> <html xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml" xml:lang="fr" lang="fr"><head> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=ISO-8859-1" /> <meta name="viewport" content="width=device-width, initial-scale=1" /> <title>LUXEMBURG</title> <link rel="stylesheet" type="text/css" href="../../../../css/total5.css" /> <style type="text/css"> </style> </head><body> <div class="entete"> <a name="toppage"> </a> <table class="cartouche"> <tbody> <tr> <td class="an_pub"> <p class="an_pub">1935</p> </td> <td class="cartouche"> <p class="cartouche"> <br /> </p> </td> </tr> </tbody> </table> <div class="menu-haut"> <a name="toppage"> </a> <table width="100%"> <tbody> <tr> <td align="right"> <a href="mailto:tiaf@marxists.org"> <img src="../../../../img/utils/mail.png" class="menu-lien" title="Contact" alt="" height="20" width="27" /> </a> <a href="../../../../admin/search.htm"> <img src="../../../../img/utils/loupe.gif" class="menu-lien" title="Recherche" alt="" height="25" width="27" /> </a> <a href="../../../../../index.htm"> <img src="../../../../img/utils/livres.gif" class="menu-lien" title="marxists.org (US)" alt="" height="25" width="25" /> </a> <a href="../../../../index.htm"> <img src="../../../../img/utils/marx.gif" class="menu-lien" title="marxists.org (FR)" alt="" height="25" width="27" /> </a> </td> </tr> </tbody> </table> </div> </div> <div class="titre"> <a name="toppage"> </a> <div class="img_droite"><a name="toppage"> </a><a href="../../../index.htm"> <img class="portrait" src="../../../../../archive/trotsky/photo/t1915b.jpg" title="Trotsky" alt="Trotsky" height="243" width="173" /> </a> </div> <p class="auteur"><a href="../../../index.htm">Lon Trotsky</a> </p> <p class="titre">Rosa Luxembourg et la Quatrime internationale<br /> </p> <p>Remarques rapides sur une importante question</p> <p class="date-pub">4 juin 1935</p> </div> <div class="corps"> <p>On fait prsent des efforts, en France et aussi ailleurs, en vue de construire un soi-disant luxembourgisme pour servir de tranche aux centristes de gauche contre les bolchviks-lninistes. Cette question peut prendre une grande importance. Il faudra peut-tre consacrer prochainement un article plus important au luxembourgisme rel et prtendu. Ici, je ne veux qu'baucher la question dans ses traits les plus essentiels.</p> <p>A maintes reprises, nous avons pris le dfense de Rosa Luxembourg contre les grossiers et sots dnigrements de Staline et de sa bureaucratie. Et nous continuerons le faire. En le faisant, nous n'obissons pas de quelconques considrations sentimentales, mais aux prceptes de la critique historico-matrialiste. Notre dfense de Rosa Luxembourg n'est pas cependant absolue. Les cts faibles des thories de Rosa Luxembourg ont t mis nu thoriquement et pratiquement. Les gens du S.A.P. et les lments qui leur sont apparents (voir, par exemple, le Spartacus franais, dilettante et intellectuel, faisant de la culture proltarienne ; ou la revue des tudiants socialistes paraissant en Belgique ; parfois aussi L'Action Socialiste belge, etc), ne se servent que des cts faibles et des insuffisances qui n'taient chez Rosa aucunement prpondrants ; ils gnralisent et exagrent ces faiblesses l'infini, et construisent l-dessus un systme tout fait absurde. Le paradoxe consiste dans le fait que les staliniens eux aussi s'approchent thoriquement dans leur nouveau tournant  sans l'avouer ni mme le comprendre  des cts ngatifs et dfigurs du luxembourgisme, sans parler des centristes traditionnels ou des centristes de gauche du camp social-dmocrate.</p> <p>Il est vrai, en effet, que Rosa Luxembourg a passionnment oppos la spontanit des actions des masses la politique conservatrice de la direction social-dmocrate, particulirement aprs la rvolution de 1905. Cette opposition tait d'un bout l'autre rvolutionnaire et progressive. Rosa Luxembourg a compris et commenc combattre beaucoup plus tt que Lnine le caractre de frein de l'appareil ossifi du parti et des syndicats. En tenant compte de l'aggravation invitable des contradictions de classes, elle prophtisait toujours l'inluctabilit et l'itinraire des instances officielles. Sous ces rapports historiques gnraux, Rosa a eu raison, car la rvolution de 1918 tait prcisment spontane , c'est--dire qu'elle fut accomplie par les masses malgr toutes les prvisions et dispositions des sommets du parti. Mais, d'autre part, toute l'histoire successive de l'Allemagne a amplement prouv qu'avec la seule spontanit, on est loin de pouvoir s'en sortir ; le rgime d'Hitler est un argument accablant contre l'affirmation qu'en dehors de la spontanit, il n'y a point de salut.</p> <p>Rosa elle-mme ne s'est jamais cantonne dans la thorie pure de la spontanit la manire de Parvus, qui, plus tard, devait changer son fatalisme socialiste-rvolutionnaire contre l'opportunisme le plus rpugnant. A l'oppos de Parvus, Rosa Luxembourg s'appliquait duquer l'avance l'aile rvolutionnaire du proltariat et s'en saisir autant que possible organisationnellement. Elle a bti en Pologne une organisation indpendante trs rigide. On pourrait tout au plus dire que, dans la conception historico-philosophique du mouvement ouvrier de Rosa, la slection prliminaire d'avant-garde, par rapport aux actions de masse qu'on devait en attendre, n'a pas trouv son compte ; tandis que Lnine, par contre, sans se consoler par les prodiges des actions venir, soudait sans cesse et infatigablement les ouvriers avancs les uns aux autres, illgalement ou lgalement, dans des organisations de masses ou en cachette, dans des cellules fermes au moyen d'un programme rigoureusement dlimit.</p> <p>La thorie de la spontanit de Rosa tait une arme salutaire contre l'appareil encrot du rformisme. En se tournant quelquefois contre le travail de Lnine dans le domaine de la construction d'un appareil rvolutionnaire, elle rvlait  dans tous les cas d'une manire embryonnaire  des traits ractionnaires. Chez Rosa elle-mme, cela ne se passait qu'pisodiquement. Elle tait trop raliste, dans le sens rvolutionnaire du terme, pour dgager des lments de sa thorie de la spontanit un systme mtaphysique achev. Pratiquement, elle sapait elle-mme cette thorie chacun de ses pas. Aprs la rvolution de novembre 1918, elle a entrepris avec passion le travail de rassemblement de l'avant-garde rvolutionnaire. Malgr sa brochure crite en prison, mais non publie, thoriquement trs faible, sur la rvolution sovitique, l'ouvrage suivant de Rosa nous permet de conclure avec certitude qu'elle se rapprochait de jour en jour davantage des ides de Lnine rigoureusement peses sur la direction consciente et la spontanit. C'tait certainement aussi cette circonstance qui l'a empche de publier son crit, dont on a plus tard si ignominieusement abus contre la politique bolchvique.</p> <p>Essayons, cependant, d'appliquer notre poque la contradiction entre les actions de masses spontanes et le travail d'organisation conscient du but. Quelle considrable dpense en forces et en dsintressement les masses travailleuses de tous les pays civiliss ou mi-civiliss n'ont-elles pas faite depuis la guerre mondiale ! On ne peut pas trouver de prcdent semblable dans toute l'histoire de l'humanit. Dans cette mesure, Rosa Luxembourg avait compltement raison contre les philistins, les caporaux et les crtins du conservatisme bureaucratique couronn de victoires et marchant tout droit. Mais, prcisment, le gaspillage de ces nergies incommensurables constitue un terrain favorable la grande dpression du proltariat et la marche en avant triomphante du fascisme. On peut le dire sans aucune exagration : la situation mondiale est dtermine par LA CRISE DE LA DIRECTION DU PROLTARIAT. Le champ du mouvement ouvrier est encore bloqu par les puissants restes des vieilles organisations banqueroutires. Aprs les victoires innombrables et les dsillusions, le gros au moins du proltariat europen s'est ramass sur lui-mme.</p> <p>L'enseignement dcisif qu'il a tir, consciemment ou demi-consciemment, de ses amres expriences, est le suivant : les grandes actions exigent une direction leur hauteur. Pour les affaires courantes, les ouvriers continuent accorder leurs voix aux anciennes organisations. Leurs voix seulement, nullement leur confiance illimite. D'autre part, aprs la pitoyable dconfiture de la IIIe Internationale, il est devenu beaucoup plus difficile de les inciter donner leur confiance une nouvelle organisation rvolutionnaire. C'est en cela que consiste prcisment la crise de la direction proltarienne. Chanter, dans cette situation, un chant monotone la gloire des actions de masses relgues dans un futur incertain, seule fin de s'opposer une slection consciente des cadres pour une nouvelle Internationale, cela veut dire faire un travail d'un bout l'autre ractionnaire. </p> <p>C'est l la place du SAP dans le processus historique. Un SAPiste de gauche parmi ceux de la vieille garde peut, bien entendu, rassembler ses souvenirs marxistes pour tenter d'endiguer la mare du spontanisme, cette barbarie thorique. </p> <p>Ces mesures de protection purement littraires ne changent rien au fait que les lves d'un Miles, le prcieux auteur de la rsolution de paix et l'auteur non moins prcieux de l'article dans l'dition franaise du "Bulletin de la jeunesse", continuent propager les plus honteuses absurdits spontanistes dans les rangs mmes du SAP. </p> <p> Ainsi, les pratiques politiques de Schwab (le spcialiste du "ne pas dire ce qui est" et de la consolation ternelle par les actions de masse venir et par le "processus historique" spontan) ne signifient rien d'autre que l'exploitation tactique d'un luxemburgisme bien dform et expurg. Et dans la mesure o la "gauche", les marxistes renoncent attaquer ouvertement cette thorie et pratique de leur propre parti, leurs articles anti-Miles prennent le sens d'une recherche d'un alibi thorique. Et un tel alibi n'est vraiment ncessaire que lorsque l'on participe un crime dlibr.</p> <p>La crise de la direction proltarienne ne peut videmment pas tre surmonte par une formule abstraite. Il s'agit d'un processus d'une dure extrmement longue. Mais non pas d'un processus purement historique, c'est--dire des conditions objectives de l'activit consciente, mais d'une chane ininterrompue de mesures idologiques, politiques et organisationnelles, en vue de souder les lments les meilleurs, les plus clairvoyants du proltariat mondial, sous un drapeau sans tache, de renforcer de plus en plus leur nombre et leur confiance en eux-mmes, de dvelopper et d'approfondir leur liaison avec d'autres couches plus larges du proltariat, en un mot : de redonner au proltariat, dans une situation nouvelle, extrmement difficile et charge de responsabilits, sa direction historique. Les confusionnistes de la spontanit du plus rcent modle ont aussi peu le droit d'en appeler Rosa que les bureaucrates misrables du Komintern Lnine. Si on laisse de ct ce qui est accessoire et vaincu par l'volution, nous avons pleinement le droit de mettre notre travail pour la IVe Internationale sous le signe des Trois L., c'est--dire non seulement sous celui de Lnine, mais encore sous celui de Luxembourg et de Liebknecht.</p> <p>L. TROTSKY.</p> </div> <div class="final"> <table width="100%"> <tbody> <tr> <td align="left"> <a href="../../../../lenin/index.htm"> <img src="../../../../img/utils/icone-lenine.png" class="menu-lien" title="Archive Lnine" alt="" height="70" width="70" /> </a> </td> <td align="center"> <table> <tbody> <tr> <td> <a class="menu-final" href="#toppage"><img src="../../../../img/haut.gif" class="menu-lien" alt="" title="Haut de la page" height="26" width="43" /></a> </td> <td> <a class="menu-final" href="../../index.htm" border="0"><img class="menu-lien" src="../../../../img/sommaire.gif" alt=" " title="Sommaire" height="26" width="43" /></a> </td> </tr> </tbody> </table> </td> <td align="right"> <a href="../../../../trotsky/index.htm"> <img class="menu-lien" src="../../../../img/utils/icone-trotsky.png" title="Archive Trotsky" alt="" height="70" width="70" /> </a> </td> </tr> </tbody> </table> </div> </body></html>