1948

Manifeste du II° congrès de la IV° Internationale aux exploités du monde entier
Source : brochure IV° Internationale, 1948.

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Contre Wall Street et le Kremlin.

IV° Internationale

Pour le programme du « manifeste communiste ». Pour la révolution socialiste mondiale.


Pour le renversement de la bureaucratie stalinienne ! Pour la défense des conquêtes d'Octobre contre l’impérialisme !

Face à la dégénérescence inouïe de l'Union Soviétique, nombre de révolutionnaires déçus identifient la dictature stalinienne à ce qui subsiste des conquêtes d'Octobre et se soustraient à la défense de celles‑ci. D’autre part, tous les compagnons de route qui, hier encore, chantaient les louanges de la "victorieuse armée rouge", quand il s'agissait de "terminer la guerre antifasciste" redeviennent subitement conscients de la barbarie stalinienne au moment où elle se heurte aux intérêts de leur propre bourgeoisie. Les militants de la IV° Internationale qui, les premiers dans le mouvement ouvrier, ont dénoncé tout ce que le régime stalinien comporte de monstrueux et de réactionnaire, sont aussi les seuls qui, contre les uns et les autres, mènent véritablement la lutte contre Staline clans les cadres rigoureux d'une défense des intérêts du prolétariat russe et du prolétariat mondial.

La guerre que Washington prépare contre l'U.R.S.S. n'a nullement pour but d'y introduire la démocratie politique ou le respect des droits de l'homme. Au contraire, en face de la résistance farouche que lui opposeraient les ouvriers et les paysans soviétiques, s'il occupait des territoires soviétiques. l'impérialisme yankee instaurerait un régime de terreur pareil à celui d'Hitler.

La guerre impérialiste qui ne libérerait pas les ouvriers de la dictature totalitaire leur permettrait moins encore de progresser sur la route du socialisme. L'impérialisme pourrait tout au plus combiner sa recherche du profit capitaliste au gaspillage de la bureaucratie. Loin de nettoyer de fond en comble l'édifice de la planification et d'en éliminer la pourriture des profiteurs, il ferait crouler l'édifice tout entier sous les coups de ses marchandises et de ses capitaux.

L'élimination violente du régime bureaucratique est aujourd'hui une tâche urgente de la classe ouvrière russe, sinon ce qui subsiste des conquêtes d'Octobre risque d'étouffer sous le poids de son parasitisme. C'est précisément la raison pour laquelle les travailleurs russes ne peuvent confier cette tâche à l'impérialisme et défendront contre lui avec acharnement ce qui subsiste des conquêtes d'octobre sans relâcher un seul instant leur lutte révolutionnaire pour le renversement de la clique bonapartiste stalinienne.

Par sa politique réactionnaire dans les pays occupés par l'armée russe, Staline défend avant tout les privilèges de la bureaucratie. De même que celle‑ci sape les fondements de l'Etat ouvrier en URSS., de même sa politique contre‑révolutionnaire en dehors de l’URSS. constitue une menace permanente pour ces mêmes conquêtes. La IV° Internationale défend ce qui reste d'Octobre par les seuls moyens de la lutte de classe révolutionnaire. Tout ce qui affaiblit le prolétariat dans et hors de l'U.R.S.S., tout ce qui déroute sa pensée ou abaisse sa conscience est un coup direct à la défense révolutionnaire de l'U.R.S.S. C'est pourquoi défendre les conquêtes d'Octobre signifie aujourd'hui lutter contre la bureaucratie stalinienne réactionnaire, contre l'oppression, le pillage et l'occupation des pays du glacis, contre les traités secrets et les marchandages sur le dos des peuples. La seule forme de défense de l'U.R.S.S. que la IV° Internationale propage, c'est la lutte révolutionnaire de chaque prolétariat contre sa propre bourgeoisie, c'est la lutte pour briser tous les obstacles à la révolution socialiste, même quand ceux‑ci sont constitués par les troupes d'occupation russes.

La guerre, la défense de l'Etat soviétique, les besoins pressants de la reconstruction ont certainement fait accepter, en l'absence d'un pôle révolutionnaire puissant, la bureaucratie comme un moindre mal inévitable par des ouvriers avancés. D'autre part, les luttes des partisans, les victoires militaires et les contacts avec les pays avancés de l'Europe ont aussi indubitablement augmenté l'esprit critique des travailleurs soviétiques, leur haine des parasites responsables de la gabegie et leur volonté de reprendre dans leurs propres mains la gestion de l'Etat et de l'économie. Plus la reconstruction se poursuit, plus le taux d'accumulation s'abaisse en raison de la gestion bureaucratique, et plus les difficultés économiques s'accentueront et plus l'inégalité sociale s'exacerbera. A travers les bouleversements constants que connaîtra la société soviétique, ses jeunes générations ouvrières prendront conscience de. leurs propres intérêts. Avec l'aide des mouvements révolutionnaires des pays capitalistes, elles trouveront la voie du renversement de la bureaucratie et ouvriront un nouveau chapitre révolutionnaire dans l'histoire de la Russie.


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