1917

Paru pour la première fois en 1925 dans le livre « La Conférence de Pétrograd-ville et la Conférence de Russie du P.O.S.D. (b) R. (avril 1917) »
Conforme à un double dactylographié du procès-verbal

Œuvres t. 24, pp. 154-155, Paris-Moscou


Lénine

La conférence de Pétrograd-ville


7

Projet de résolution sur l'attitude à l'égard des partis

Socialiste-Révolutionnaire et Social-Démocrate (Menchévik), du parti des social-démocrates dit « non fractionnels » et des courants politiques apparentés.

 

Considérant :

1 - que les partis socialiste-révolutionnaire, social-démocrate menchévik, etc., sont passés, dans l'immense majorité des cas, sur les positions du « jusqu'auboutisme révolutionnaire » et ont voté l'emprunt, autrement dit qu'ils soutiennent en fait la guerre impérialiste menée par le gouvernement impérialiste des capitalistes Goutchkov, Lvov et Cie ;

2 - que ces partis soutiennent le Gouvernement provisoire, qui représente les intérêts du Capital et a adopté une attitude contre-révolutionnaire, non seulement en politique étrangère, mais aussi à l'intérieur ;

3 - que ces partis se sont laissé duper par les capitalistes et dupent à leur tour le peuple par l'espoir fallacieux que l'on pourrait, sans détenir le pouvoir, en présentant des  «exigences » au Gouvernement provisoire, en le « contrôlant », etc., modifier la nature de classe de ce gouvernement de capitalistes et l'amener à renoncer à sa politique impérialiste actuellement nécessaire aux capitalistes, à renoncer à ses attentats réactionnaires contre la liberté ;

4 - qu'en raison de la crédulité aveugle généralement manifestée par les masses à l'égard des capitalistes qui, aujourd'hui, ont surtout recours à la tromperie et à la ruse, l'obscurcissement de la conscience de classe des prolétaires et des semi-prolétaires qui découle de cet état de choses et qu'entretiennent ces partis est la cause essentielle de la stagnation que connaît la révolution et de son écrasement éventuel par les forces contre-révolutionnaires des grands propriétaires fonciers et de la bourgeoisie,

la conférence décide

1 - de considérer le vote de l'emprunt, ainsi que la défense du jusqu'auboutisme révolutionnaire en général, comme une trahison totale et absolue du socialisme, de la lutte de classe prolétarienne et des principes de l'internationalisme, c'est-à-dire de l'union fraternelle des ouvriers de tous les pays contre les capitalistes de tous les pays ;

2 - de considérer que les partis cités plus haut défendent les intérêts et le point de vue de la petite bourgeoisie et corrompent le prolétariat en y propageant l'influence de la bourgeoisie ;

3 - de considérer comme absolument impossible l'unification avec des partis qui, en tant que tels, soutiennent le Gouvernement provisoire, le jusqu'auboutisme révolutionnaire, etc., étant donné que ces partis ont abandonné la position prolétarienne de classe et adopté une position petite-bourgeoise ;

4 - à l'égard de certains groupements locaux d'ouvriers ralliés aux menchéviks, etc., mais qui s'efforcent de défendre une position internationaliste contre le « jusqu'auboutisme révolutionnair », le vote de l'emprunt, etc., la politique de notre Parti doit consister à soutenir ces ouvriers et ces groupements, à nous rapprocher d'eux, à favoriser l'unification avec eux sur la base d'une rupture sans réserve avec la trahison petite-bourgeoise du socialisme.


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