1940 |
Lettre à A. Villareal (10727), traduite de l'anglais, avec la permission de la Houghton Library. Source : Œuvres, T. XXIV. |
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Léon Trotsky
Œuvres
[Excuses...]
26 mai 1940
Mon cher général [1],
J'ai été réellement désolé hier, quand j'ai appris par mes jeunes amis que vous aviez appelé chez nous et qu'on vous avait dit que je ne pouvais recevoir personne. Il est vrai que j'ai dû terminer un document très important [2] et donner ordre de ne pas recevoir de visiteurs, mais cet ordre concernait les journalistes, photographes, etc. Dans mon esprit, cela ne pouvait en aucun cas vous concerner. J'aurais été très heureux de vous voir et de vous montrer le « champ de bataille » ... en tout cas je suis très touché de votre visite amicale, et je vous exprime mes remerciements les plus cordiaux.
Excusez-moi de vous écrire en anglais mais, en ce moment, je n'ai personne à ma disposition à qui je puisse dicter une lettre en espagnol.
Notes
| 1 | Le général Antonio I. Villareal (1879-1944), vieux révolutionnaire mexicain, dirigeant au début du siècle du « parti libéral » , clandestin et collaborateur de Regeneración, participa au soulèvement armé en 1910, fonda la C.N.T. en 1912 et présida en 1917 la convention mexicaine d'Aguascalientes. Il n'avait pu participer aux travaux de la commission Dewey, qu'il avait soutenue. Il était venu prendre des nouvelles de Trotsky après l'attentat et n'avait pas été reçu. |
| 2 | Le document important justifiant des ordres aussi draconiens au lendemain d'un attentat qui provoquait évidemment des visites de solidarité devant être traitées avec considération, était vraisemblablement la traduction anglaise du Manifeste. Trotsky avait achevé le texte russe dans la nuit du 23 mai, quelques jours avant l'attentat et, occupé le jour et le lendemain de l'attaque, devait néanmoins voir cette version anglaise. Si notre hypothèse est juste, il nous faut admettre que la Conférence internationale réunie à New York deux dimanches de suite, les 19 et 26 mai, n'avait pas adopté le texte même du Manifeste, qu'elle ne pouvait, du fait de l'attentat, avoir reçu, mais qu'elle en avait adopté les grandes lignes, ce qui n'aurait rien d'extraordinaire. Nous en voyons une confirmation supplémentaire 1) dans le fait que le Manifeste n'a jamais porté de date, 2) dans une lettre de Trotsky à Cannon, du 28 mai, disant qu'il espère que le texte anglais en est arrivé à New York. |